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- Lyon, español especialista
Las clases de español del segundo trimestre, curso 07/08
(No olvidar el
programa de memorización del vocabulario y de las conjugaciones)
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| 11.03.08 | dos horas : textos de Eduardo Manet, Marcel Pagnol, François Mauriac + traducción de frases gramaticales. | 10.03.08 | |||
| 18.03.08 | dos horas : textos de Julien Gracq, le Monde Diplomatique, Patrick Modiano | 13.03.08 | |||
| 1.04.08 | dos horas : textos de Daniel Pennac, Balzac, Robbe Grillet | 14.03.08 | |||
| 8.04.08 | dos horas : textos de Marguerite Yourcenar, Bossuet, Le Cleziot, Marceau | ||||
| cours n°34 | |||||
| 14.02.08 | cours n°38 | ||||
| 15.02.08 | |||||
| 3.03.08 | |||||
| 6.03.08 | |||||
| cours n°21 | 7.03.08 | ||||
sábado |
8.03.08 | cours n°41 | |||
| cours n°42 |
cours n°1 - fecha del día = 11.03.08
Khâgne Lyon : Thèmes pour le mardi 11 mars
Thème n°1 : "On ne naît pas femme de ménage, Leonardo. A Cuba, l'esclavage a été aboli. A une époque, oui, on naissait esclave de père en fils, asservie et servante de mère en fille. Ma mère, elle ne s'occupait que de sa maison, et Dieu sait si elle savait l'entretenir ! C'est elle qui m'a appris à combattre la saleté, le désordre, le laisser-aller la poussière qui s'infiltre partout. Nous avions un débarras où elle entreposait tout ce qu'elle était incapable de jeter, des tables à trois pattes, une chaise défoncée, des vieux vêtements, des boîtes en carton remplies de bondieuseries, eh bien, me croiras-tu même le débarras était impeccable, pas une once de poussière. Ma mère n'était pas femme de ménage, c'était une femme au foyer, tu vois la différence ?" Je lui ai dit oui, que je voyais, pour lui faire plaisir.
Eduardo Manet D'amour et d'exil
Thème n°2 : Notre fille Geneviève était avec toi, debout auprès de mon lit. Tu es sortie, pour que nous restions seuls, elle et moi : elle avait quelque chose à me demander. Je vous avais entendues chuchotant dans le couloir.
"Il vaut mieux que ce soit toi qui parles la première", disais-tu à Geneviève...
Il s'agit de son gendre, bien sûr, de Phili, cette gouape. Que je suis devenu fort pour détourner la conversation, pour empêcher la question d'être posée ! Geneviève est sortie sans avoir rien pu me dire. Je sais ce qu'elle veut. J'ai tout entendu, l’autre jour: quand la fenêtre du salon est ouverte, au-dessous de la mienne, je n'ai qu'à me pencher un peu. Il s'agit d'avancer les capitaux dont Phili a besoin pour acheter un quart d'agent de change. Un placement comme un autre, bien sûr... Comme si je ne voyais pas venir le grain, comme s'il ne fallait pas, maintenant, mettre son argent sous clef... S'ils savaient tout ce que j'ai réalisé, le mois dernier, flairant la baisse-
François Mauriac Le nœud de vipères
Le Livre de Poche Editeur : Librairie Générale Française (LGF)
Thème n°3 :
Khâgne Lyon : Thèmes en temps limité (20 mn)
— Tu as entendu ce qu'a dit l'oncle Jules : douze kilomètres dans les collines ! Tu as de bien petites pattes pour marcher si longtemps !
— Elles sont petites, mais elles sont dures, dis-je. Touche-les, c'est comme du bois.
Il tâta mes mollets :
— C'est vrai que tu as de bons muscles...
— Et puis, je suis léger, moi. Je n'ai pas des grosses fesses comme l'oncle Jules, ça fait que je ne suis jamais fatigué!
— Ho ho! dit l'oncle Jules, trop heureux de détourner la conversation, je n'aime pas beaucoup qu'on se permette de critiquer mes fesses !
Mais je n'acceptai pas la discussion, et j'enchaînai :
— (…) Et puis, si vous ne me voulez pas, moi je vais tomber malade, et déjà j'ai un peu mal au cœur!
Sur quoi, je courus au mur, et contre mon bras replié, je me mis à pleurer bruyamment.
Marcel Pagnol
La gloire de mon père, 1957
frases gramaticales
1. Tu ne penses qu'à t'amuser.
2. Il n'y a plus aucun survivant.
3. Il ne nous reste plus que dix jours.
4. Elle n'a plus qu'un frère et il habite très loin d'ici.
5. Il ne reste plus de billets.
6. Je n'aime le café qu'avec du lait.
7. Nous ne voulons plus revenir ici.
8. La chatte noire ne sortait que la nuit.
9. Nous n'étions que dix à cette réunion.
10. C'était le quinze janvier, il n'y avait que trois mois qu'il était revenu.
1. Cette expérience est d'autant plus intéressante que nous ne serons plus seuls, nous serons douze.
2. Ils sont très nombreux, ajouta-t-il, alors que nous ne sommes que quelques milliers.
3. S'ils n'étaient pas partis, ils auraient été assassinés.
4. L'Uruguay est séparé de l'Argentine par le Rio de La Plata.
5. Le peintre Dorian dont les œuvres sont si connues en Occident a été arrêté hier.
6. Il est fier de son fils car il est le premier de sa classe.
7. Il est dix heures pile ; il est évident qu'ils ne viendront plus.
8. La plaine était recouverte de neige.
9. Il sera chez lui jusqu'à demain soir.
10. Jean est l'aîné des enfants.
1. Cet homme est un orgueilleux, il refuse d'admettre les arguments de son adversaire.
2. Le Conseil d'administration décida que les actionnaires pourraient échanger les vieilles actions pour des nouvelles,
3. Laissez-nous partir, nous avons encore beaucoup à faire.
4; A mon avis, il ne suffit pas de développer le tourisme dans le sud.
3. J'ai traduit tout le texte en espagnol sans faire la moindre faute.
cours n°2 - fecha del día = 18.03.08
Thème n°4 :
Je quittais Belsenza et je m'enfonçais dans le dédale des rues pauvres du quartier des pêcheurs pour gagner le quai où m'attendait la barque. Si impatient que je fusse de rejoindre Vanessa, je trouvais parfois un charme à m'attarder dans ces ruelles qui zigzaguaient entre les façades aveugles et les tristes jardinets conquis sur les sables, et où tombaient dès le début de l'après-midi de grands pans de fraîcheur. Il y avait là toute une banlieue morne et houleuse, basculée au hasard sur les vagues du bourrelet de dunes qui marquait le contour de la terre ferme, et dont l'abandon lépreux et l'ancienneté croulante étaient rendus plus désolés encore par la remise en marche des sables que la végétation des jardins brûlés ne fixait| plus et dont on voyait parfois sous la poussée du vent de mer, les fines aigrettes lumineuses pleuvoir intarissables par-dessus le mur d'un enclos comblé et venir feutrer le pavé étroit, comme autant de cascades de silence ; mais si j'élevais la tête au-dessus du mur, la rumeur acharnée du large et les claquements du vent de mer venaient brusquement me gifler le visage. J'aimais ce silence menacé et ses replis d'ombre, comme suspendus sur une clameur profonde et énorme ; je faisais glisser dans mes doigts ce sable qu'avaient vanné tant de tempêtes, et qui maintenant bâillonnait là ville dans le sommeil ; je regardais Maremma s'ensevelir et en même temps, les yeux blessés, giflé par le vent furieux qui mitraillait le sable, il me semblait sentir la vie même battre plus sauvagement à mes temps et quelque chose se lever derrière cet ensevelissement. Parfois, au détour d'une rue, une cruche ou un panier de poissons en équilibre sur la tête, apparaissait une femme de pêcheur sous les éternels voiles noirs qui font des groupes à Maremma autant de cortèges de deuil , et dont on ramène un pan sur la. bouche pour se protéger de la grêle du sable : elle passait près de moi silencieusement comme un fantôme errant de la ville morte, m'apportant à la fois une odeur de mer et de désert, et toute pareille ainsi surgie, de cette nécropole inhabitable, à ces flammes errantes et funèbres qui s’élèvent et palpitent faiblement sur une terre trop gorgée de mort. La vie s'aventurait sur ces confins extrêmes plus vulnérable et plus nue, dressée sur l'horizon de sel et de sable comme un signe exténuée, elle voletait- par les rues effacées comme un lambeau de ténèbres oublié dans le plein jour. La lumière baissait déjà sur le large, et il me semblait sentir en moi qu'un désir montait, d'une fixité terrible, pour écourter encore ces journées rapides : le désir que les jours de la fin se lèvent et que monte l'heure du dernier combat douteux : les yeux grands ouverts sur le mur épaissi dularge, la ville respirait avec moi dans le noir, comme un guetteur sur qui l'ombre déferle, retenant son souffle les yeux rivés au point de la nuit la plus profonde.
Julien Gracq Le rivage des Syrtes, 1951 - ed. Corti, 2004.
Thème n°5 :
Universelle exigence de pluralité
Que nous le voulions ou non, l'universalité, déjà acquise dans la mondialisation, ne sera supportable qu'en reconnaissant le principe de pluralité. Nous ne voyons plus ce qui nous arrive. Et ce qui nous arrive, à l'échelle de notre époque, c'est la fin d'une fiction. La fin de l'unification humaine dans le même projet fatal du jeu d'argent ; et le début d'une recherche de véritable diversité. La fin d'un idéal de toute-puissance sur les hommes ; le début d'une nouvelle quête d'autonomie et de respect mutuel. Le problème de l'époque, c'est de mettre à sa juste place l'unité humaine permise par l'information, sans que le fantasme totalisant mette à mal la liberté des vivants.
La fête du changement de siècle et de millénaire, pour futile et symbolique qu'elle soit, est donc l'occasion de réfléchir à ce fait « tout simple » : l'humanité, d'idéal conflictuel, est devenue réalité matérielle ; et à sa conséquence inéluctable : seule la pluralité peut permettre de survivre.
Denis duclos, Le Monde diplomatique, janvier 2000.
Thème n°6 :
Mettez-vous bien dans la tête que c’était moi qui connaissais le mieux Sylvia. C’était moi qu’elle aimait le plus…Vous voyez, je ne me dérobe pas devant mes responsabilités.
Je raccrochai. Quelques minutes s’écoulèrent avant que la sonnerie ne retentît de nouveau.
-Il existait entre Sylvia et moi des liens très forts…Le reste n’avait aucune importance pour elle…
Il parlait comme s’il avait trouvé naturel que j’eusse raccroché pour la deuxième fois.
-J’aimerais m’entretenir de tout cela avec vous, que vous le vouliez ou non…Je vous rappellerai jusqu’à ce que vous acceptiez…
-Je couperai le téléphone.
-Alors je vous attendrai devant votre immeuble. Vous ne pourrez pas vous débarrasser de moi si facilement…Après tout, c’est vous qui étiez venu me chercher.
Patrick Modiano, Dimanche d’août, 1986
cours n°3 - fecha del día = 1.04.08
Khâgne Lyon : Thèmes pour le mardi 25 mars
Thème n°7 :
Dès le second jour, en essayant de s'expliquer le peu de confiance de sa mère et de sa soeur, le poète fut pris d'une pensée non pas haineuse mais chagrine. Il appliqua la mesure de la vie parisienne à cette chaste vie de province, en oubliant que la médiocrité patiente de cet intérieur sublime de résignation était son ouvrage : - Elles sont bourgeoises, elles ne peuvent pas comprendre, se dit-il en se séparant ainsi de sa soeur, de sa mère et de Séchard qu'il ne pouvait plus tromper ni sur son caractère, ni sur son avenir.
Eve et madame Chardon, chez qui le sens divinatoire était éveillé par tant de chocs et tant de malheurs, épiaient les plus secrètes pensées de Lucien, elles se sentirent mal jugées et le virent s'isolant d'elles.- Paris nous l'a bien changé ! se dirent-elles. Elles recueillaient enfin le fruit de l'égoïsme qu'elles avaient elles-mêmes cultivé. De part et d'autre, ce léger levain devait fermenter, et il fermenta, mais principalement chez Lucien qui se trouvait si reprochable. Quant à Eve, elle était bien de ces soeurs qui savent dire à un frère en faute : -Pardonne-moi tes torts... Lorsque l'union des âmes a été parfaite comme elle le fut au début de la vie entre Eve et Lucien, toute atteinte à ce beau idéal du sentiment est mortelle. Là oùdes scélérats se raccommodent après des coups de poignard, les amoureux se brouillent irrévocablement pour un regard, pour un mot. Dans ce souvenir de la quasi-perfection de la vie du coeur se trouve le secret des séparations souvent inexplicables. On peut vivre avec une défiance au coeur, alors que le passé n'offre pas le tableau d'une affection pure et sans nuages; mais, pour deux êtres autrefois parfaitement unis, la vie, quand le regard, la parole, exigent des précautions, devient insupportable. Aussi les grands poètes font-ils mourir leurs Paul et Virginie au sortir de l'adolescence. Comprendriez-vous Paul et Virginie brouillés ?... Remarquons, à la gloire d'Eve et de Lucien, que les intérêts, si fortement blessés, n'avivaient point ces blessures : chez la soeur irréprochable, comme chez le poète en faute, tout était sentiment ; aussi le moindre malentendu, la plus petite querelle, un nouveau mécompte dû à Lucien pouvait-il les désunir ou inspirer une de ces querelles qui brouillent irrévocablement les familles. En fait d'argent tout s’arrange ; mais les sentiments sont impitoyables.
Balzac, Illusions perdues
Thème n°8 :
L'énigme du miroir
C'est peu de temps après — quelques minutes tout au plus — que Corinthe a dû perdre connaissance. Un douanier de Brignogan, qui faisait sa tournée matinale, s'est étonné de la présence solitaire du magnifique cheval blanc au milieu de la grève, un cheval de riche, avec sa selle fine en cuir noir et ses étriers de nickel qui étincelaient malgré le ciel gris, mais la bride pendant sur le cou. Il s'est donc approché et a tout de suite découvert le corps, gisant sur le sable juste à côté d'un grand miroir ovale en acajou sculpté, d'un rouge si foncé que par moment on l'eût dit en ébène.
Couché sur le dos, l'homme avait tout l'aspect d'un mort. Le flot de la marée montante, presque haute à cette heure-là, léchait ses bottes de cavalier. Mais ses vêtements, fort élégants sans doute quelques heures auparavant, étaient déjà si imbibés d'eau que le douanier a cru d'abord qu'il avait affaire à un noyé rejeté par la mer. Pourtant, la proximité familière du cheval, qui pouvait difficilement avoir fait naufrage sur quelque voilier de plaisance en compagnie de son maître (dont le costume concordait parfaitement avec le harnachement luxueux de la bête), rendait cette hypothèse peu vraisemblable.
À tout hasard, le brigadier consciencieux a néanmoins voulu pratiquer les mouvements d'usage, visant à exprimer l'eau des poumons, pour le cas où il se fût agi malgré tout d'une noyade, et s'il en était encore temps. Le seul résultat auquel il est ainsi parvenu, après plusieurs minutes d'efforts, a été de faire s'ouvrir les paupières closes du cadavre, qui s'est ensuite révélé être en fait bien vivant, mais si fortement commotionné par on ne sait quelle aventure que l'homme, qui ne bougeait toujours pas, demeurait également incapable de prononcer la moindre parole. Il n'avait même pas l'air de comprendre les questions pressantes du personnage en uniforme qui venait de faire irruption dans son rêve et qu'il dévisageait d'un œil hagard, comme s'il cherchait désespérément à reprendre pied sur terre.
Alain Robbe-Grillet, Le miroir qui revient, Les éditions de Minuit, 1985
Khâgne Lyon : Thèmes en temps limité (20 mn) -
Nos « mauvais élèves » (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seul à l’école. C’est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d’inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu’une fois le fardeau posé à terre et l’oignon épluché. Difficile d’expliquer cela, mais un seul regard suffit souvent, une parole bienveillante, un mot d’adulte confiant, clair et stable, pour dissoudre ces chagrins, alléger ces esprits, les installer dans un présent rigoureusement indicatif.
Naturellement le bienfait sera provisoire, l’oignon se recomposera à la sortie et sans doute faudra-t-il recommencer demain. Mais c’est cela enseigner : c’est recommencer jusqu’à notre nécessaire disparition de professeur. (…) Bien sûr nous n’aurons pas été les seuls à creuser ces galeries ou à ne pas avoir su les combler, mais ces femmes et ces hommes auront tout de même passé une ou plusieurs années de leur jeunesse, là, assis en face de nous. Et ce n’est pas rien, une année de scolarité fichue : c’est l’éternité dans un bocal.
Daniel Pennac, Chagrin d’école, 2007
cours n°4 - fecha del día = 8.04.08
Khâgne Lyon : Thèmes pour le mardi 8 avril
Thème n°10 :
La Saint Barthélémy
II commençait à se faire un grand tumulte autour du Louvre. Les lanternes étaient allumées; les huguenots étonnés demandaient ce que c'était; on leur répondit que c'était une réjouissance qu'on faisait au Louvre. Quelques-uns d'eux y allèrent, et furent chargés au corps de garde, pendant que le roi, effrayé de l'ordre qu'il avait donné, et du sang qu'on allait répandre, commandait qu'on sursît encore. A ce moment, on entendit quelques coups de pistolet au corps de garde; on dit au roi qu'il n'y avait plus à délibérer, et qu'on ne pouvait plus contenir le peuple. Le tocsin sonna à Saint-Germain de l'Auxerrois, paroisse voisine du Louvre, et le duc de Guise marcha avec une grande suite chez l'amiral. II s'était éveillé au bruit; la première pensée qui lui vint, fut que le duc de Guise avait ému le peuple : quelques coups qu'il entendit tirer dans sa cour lui firent juger que c’était à lui qu'on en voulait, et que ses gardes étaient de l’intelligence. II se leva de son lit, fit sa prière, dit aux siens, sans paraître ému qu'il croyait bien qu'il allait mourir, et qu'ils se sauvassent comme ils pourraient; que pour lui il n'avait plus besoin de secours humain.
A peine eut-il achevé ce mot, qu'il vit entrer l'épée á la main un homme qui lui demanda s'il était l'amiral. « Oui, dit-il, et lui montrant ses cheveux gris : jeune homme, poursuivit-il, tu devrais respecter mon âge; mais achève, tu ne m’ôteras que peu de moments ». L'assassin lui passa l'épée à travers le corps, et le perça de plusieurs coups. On entendit l'amiral, en rendant les derniers soupirs, plaindre son sort de ce que du moins il ne mourait pas de la main de quelque honnête homme « mais d'un valet », disait-il. Le duc de Guise demanda si c'en était fait, et pour s'assurer par ses propres yeux, il voulut voir le corps mort : on le lui jeta par la fenêtre. Téligny fut tué en même temps, et revint à peine de sa profonde sécurité par le dernier coup. Le duc de Guise sortit à l'instant et dit à ses gens qu'ils avaient bien commencé, mais qu'il fallait continuer de même.
En même temps ils se jetèrent dans toutes les maisons voisines, qu'ils remplirent de carnage; tout le quartier ruisselait de sang. Le comte de la Rochefoucault, le marquis de Renel, et les autres gens de qualité, furent les premiers égorgés. Dans le Louvre on arrachait de leurs chambres les huguenots qui y logeaient, et, après les avoir assommés, on les jetait par les fenêtres. La Cour était pleine de corps morts, que le roi et la reine regardaient non seulement sans horreur, mais avec plaisir; toutes les rues de la ville n'étaient plus que boucheries : on n'épargnait ni vieillards, ni enfants, ni femmes grosses; chacun exerçait ses vengeances particulières sous prétexte de religion, et un grand nombre de catholiques furent tués comme huguenots.
bossuet, Histoire de France [éd. 1747].
Thème n°11 :
Du respect des esclaves
En Espagne, aux environs de Tarragone, un jour où je visitais seul une exploitation minière à demi abandonnée, un esclave dont la vie déjà longue s'était passée presque tout entière dans ces corridors souterrains se jeta sur moi avec un couteau. Point illogiquement, il se vengeait sur l'empereur de ses quarante-trois ans de servitude. Je le désarmai facilement ; je le remis à mon médecin ; sa fureur tomba ; il se transforma en ce qu'il était vraiment, un être pas moins sensé que les autres, et plus fidèle que beaucoup. Ce coupable que la loi sauvagement appliquée eût fait exécuter sur-le-champ devint pour moi un serviteur utile. La plupart des hommes ressemblent à cet esclave : ils ne sont que trop soumis ; leurs longues périodes d'hébétude sont coupées de quelques révoltes aussi brutales qu'inutiles. Je voulais voir si une liberté sagement entendue n'en eût pas tiré davantage, et je m'étonne que pareille expérience n'ait pas tenté plus de princes. Ce barbare condamné au travail des mines devint pour moi l'emblème de tous nos esclaves, de tous nos barbares. Il ne me semblait pas impossible de les traiter comme j'avais traité cet homme, de les rendre inoffensifs à force de bonté, pourvu qu'ils sussent d'abord que la main qui les désarmait était sûre Tous les peuples ont péri jusqu'ici par manque de générosité : Sparte eût survécu plus longtemps si elle avait intéressé les hilotes à sa survie; Atlas cesse un beau jour de soutenir le poids du ciel, et sa révolte ébranle la terre. J'aurais voulu reculer le plus possible, éviter s'il se peut, le moment où les barbares au-dehors, les esclaves au-dedans, se rueront sur un monde qu'on leur demande de respecter de loin ou de servir d'en bas, mais dont les bénéfices ne sont pas pour eux. Je tenais à ce que la plus déshéritée des créatures, l'esclave nettoyant les cloaques des villes, le barbare affamé rôdant aux frontières, eût intérêt à voir durer Rome.
Marguerite Yourcenar, Mémoire d’Hadrien, 1951, Gallimard
Khâgne Lyon : Thèmes en temps limité (20 mn) - mardi 8 avril
A/ La vision de Rivera n'est pas romantique. Elle est une sorte de rêve d'avenir, une ivresse de jeunesse. À Dearborn, Diego Rivera visite le cœur du rêve industriel, le musée dans lequel Henry a entreposé des spécimens de toute l'histoire des machines et Diego s'attarde dans le musée, ébloui par l'accumulation de ces « masses de ferraille », de sept heures jusqu'à une heure du matin le jour suivant. Le lendemain, il rencontre Henry Ford et l'échange est à la mesure de l'admiration que le peintre ressent envers le vieil empereur du capitalisme mondial.
J.-M.-G. le clézio, Diego et Frida.
B/ Je lui demandai des nouvelles des siens.
— Hélas, me dit-il d'un air accablé, nous avons eu le chagrin de perdre cette pauvre tante Jeanne. Tu l'as connue, n'est-ce pas ? Eh bien, elle est morte, mon cher. Je lui exprimai mes condoléances.
— Une si brave femme ! reprit-il avec plus de véhémence que le sujet n'en comportait. Une si brave femme ! C'était ce que nous pensions tous. Allons, avoue que tu la tenais pour une parfaite imbécile. Ne proteste pas, nous étions tous du même avis.
Félicien Marceau, Les belles natures.
cours n° 11 - fecha del día = 31.01.08
- cours n° 14 - fecha del día =
cours n° 19 - fecha del día = 3.03.08
cours n° 22 - fecha del día
=
cours n° 29 - fecha del día =
cours n° 30 - fecha del día =
cours n° 31 - fecha del día =
cours n° 32 - fecha del día =
cours n° 33 - fecha del día =
cours n° 34 - fecha del día = a
cours n° 35 - fecha del día :
cours n° 36 - fecha del día =
cours n° 37 - fecha del día =
cours n° 38 - fecha del día =
cours n° 39 - fecha del día =
cours n° 40 - fecha del día =
cours n° 41 - fecha del día =
cours n° 42 - fecha del día =