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Besnard-Javaudin, profesor de español, CPGE, Rennes, lycée
Chateaubriand![]()
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PRONONCIATION EN COURS D'ESPAGNOL
avant propos : prise de contact et premiers échanges sur le sujet
Préambule
I Les français et la prononciation en langue étrangère
a/ petite expérience ..(écoute d'un enregistrement d'élève
prononçant particulièrement mal...)
b/ tentative d'explication.(commentaire
: pourquoi cette élève qui a accepté de se laisser enregistrer prononce-t-elle
aussi mal ? spontanément, elle n'a pas ressenti le besoin de "bien" prononcer.
De plus, c'est au CDI que je lui ai proposé de parler devant un micro et de lire une
suite de phrases n'ayant ni queue ni tête ni aucun lien logique. La première constation
est qu'on ne parle ni ne prononce une langue "pour ne rien dire." Faire
prononcer une suite de trabalengua n'a aucun intérêt, surtout si l'on est hors d'un
contexte de cours.)
c/ Les priorités en langue vivante (voir doc. 0)
(commentaire : cet emploi du temps de
seconde montre clairement que l'espagnol représente moins de 10 % du total des heures de
cours. En d'autres termes, plus de 90 % du temps scolaire des élèves n'est pas de
l'espagnol. Que reste-t-il de nos modestes 2,5 heures hebdo, voire de nos "1 heure
plus une heure" ? La prononciation est l'une des traces "durables" de notre
enseignement, et d'une utilité immédiate en cas de séjour dans un pays hispanophone, de
conversation téléphonique etc... en cela, elle doit faire partie de nos objectifs
prioritaires.)
II Les instructions officielles
a/ espagnol
b/ autres langues (anglais, allemand, italien)
c/ problème de collège? de lycée? (commentaire
: à part nos collègues anglicistes qui disposent d'un véritable programme phonologique,
il est évident que la prononciation ne fait pas partie des objectifs prioritaires de nos
I.O. Ce n'est qu'au détour d'un phrase du style "le professeur veillera à
obtenir un prononciation correcte de ses élèves" que les instructions officielles
de la plupart des langues enseignées en France se débarrasse du problème. Les
enseignants étant tous d'anciens élèves, ils reproduisent le schéma qu'ils ont connu,
à savoir correction lexicale et grammaticale avant tout. Prononcer correctement
"n'est pas important". A la limite, ce serait plus "un travail de
collège", car "au lycée, on a autre chose à faire"... -quoi, au fait?-
Si nous sommes des professeurs de "langue", -organe anatomique au centre
du système phonologique!-, si l'oral est au centre de nos cours, et si l'on dit
"parlez-vous espagnol" et non pas "écrivez-vous espagnol", alors il
est incohérent de délaisser cet aspect de notre enseignement.)
III Les difficultés de la prononciation espagnole
a/ les raisons des difficultés : problème psychologique,
culturel, mécanique ?
b/ les sons particuliers de l'espagnol pour un français, les "couples maudits"(voir doc.2)
c/ un peu de phonologie...amusante destinée aux élèves (voir doc.3)
d/ relativisation de ces difficultés(commentaire
: la liste des sons espagnols difficiles à prononcer pour un français n'est pas si
longue. La R, la Jota sont en fait les plus caractéristiques, puisque la Zeta est très
minoritaire dans le monde hispanique. La liste des mots du doc.2 permet de constater
qu'une mauvaise prononciation peut parasiter le message : "quiero Arroz" ou
"quiero Ajos" sont peut être complémentaires pour la paella, mais ne
désignent pas la même chose. TRansformer la salle de classe en "bouche" au
début de l'année permet immédiatement aux élèves de comprendre où se situent les
problèmes : à la sortie la R, au fond la Jota. Il ne reste plus à l'enseignant qu'à
reprendre les élèves toute l'année en montrant soit le haut du tableau, soit le fond de
la classe. )
La prononciation en cours : objectifs et démarches
I La notion d'exigence
a/ le douloureux problème des effectifs.(commentaire : par fournées de 35, nous essayons de
faire notre métier et d'appliquer la pédagogie différenciée. Pour la prononciation
comme pour le reste, ce n'est pas gagné. Mais peut être que cet aspect de notre
enseignement est plus facile à contrôler que les paquets de copies, puisqu'il se passe
pendant le cours et qu'en fait il ne requiert que l'application d'un principe : on fait un
effort pour prononcer à peu près correctement en cours d'espagnol, on met un L à la
place des R espagnols si vraiment on a du mal, etc... A l'enseignant de ne jamais accepter
une phrase mal prononcée, même correcte morphologiquement. Ce qui peut paraitre
rébarbatif au début devient vite une règle acceptée par presque tous : les timides,
les intarissables, les "moi,m'sieur" et les autres.)
b/ le contrat (voir doc.4) :
prononcer fait partie des objectifs.
c/ la notion de "salle de langue" (" la langue est une
musique ... ")(commentaire
: pour sensibiliser à la prononciation, il faut faire écouter et voir des gens en train
de parler. Il ne viendrait à l'idée de personne d'envoyer un prof de S.V.T., de
Physique-chimie ou de sports dans une salle non équipée. Il en va de même pour les
enseignants de langue qui doivent disposer à tout moment de l'équipement audio visuel
indispensable à leur enseignement : magnétophone / lecteur de CD,
magnétoscope-télévision. Sans cela, aucune sensibilisation n'est possible. )
d/ Prise de conscience de la part des élèves. Sensibilisation aux différents accents du
monde hispanique. (un exemple un peu " radical "
) (commentaire : dans les consignes données en début
d'année, les élèves savent que leur prononciation sera partie intégrante de la moyenne
finale, d'une façon ou d'une autre. La valorisation de la prononciation -ça compte dans
la moyenne!- motive la grande majorité. Voilà enfin quelque chose qui ne demande pas de
travail à la maison et qui peut rapporter gros! Cette andalouse qui nous donne sa
recette du gazpacho est un exemple de ce que l'on doit montrer aux élèves pour qu'ils
comprennent que la langue de Cervantes est multiple : "...a mi me gu'ta con zu
zal...y cuando lo tengo bien majao...mu remo'i'o...nojotro pensamo que..." )
II L'évaluation de la prononciation
a/ A partir de quoi?
- de tout, tout le temps!!!
- en cours : la lecture des textes étudiés.
- trabalenguas authentiques ... ou créés par le professeur. (voir doc.5) (commentaire
: en effet, tout est prétexte à l'évaluation de la prononciation, puisqu'il faut
toujours parler en cours d'espagnol, et donc parler en prononçant bien. Un exercice de
lecture d'un texte étudié en cours, ou tout simplement de phrases extraites des
documents étudiés est très formateur pour les élèves. Le doc.5 propose
des trabalengua qui en fait sont des expressions ou des formulations rencontrées lors de
commentaires de documents. Lorsque l'occasion se présente, pourquoi ne pas faire
répéter cette phrase ou cette locution, la faire apprendre par coeur, exiger de la
retrouver lors des contrôles oraux ?)
b/ comment évaluer la prononciation?
-"contrôle" de prononciation, notes de lecture, etc ...
- contraintes, matériel nécessaire, mise à contribution des élèves
- notion de dispositif sur l'année, un exemple de " fiche-suivi "(voir doc.6) (commentaire
: toutes les solutions sont bonnes pour noter la prononciation des élèves. Chaque
enseignant, en fonction de sa personnalité et de sa sensibilité, construit son système
dévaluation et ses outils. Le plus important est que ce système soit clair et cohérent
aux yeux des élèves.
L'exemple de la fiche du doc.6 est tout à fait personnel : à trois reprise
dans l'année, les élèves sont amenés à être notés sur leur prononciation, la
première fois sur un texte étudié en cours ET préparé du point de vue de la lecture,
la seconde sur un texte étudié en cours mais non préparé pour la lecture, la
troisième sur un texte inconnu. Dates de ces trois notes : novembre - février - mai.
Les élèves, à la fin de l'exercice, reporte sur leur fiche les remarques et les
notes. Les critères sont P-A-R-I- (Prononciation,
accentuation, rythme, intonation), chacun sur 5 -pour simplifier. D'une note à l'autre,
l'élève sait sur quoi il doit travailler pour progresser. Cette note est intégrée à
la moyenne avec un coef.2.
Système pour noter tous les élèves d'une classe : soit, comme au lycée Ile de
France de Rennes, on dispose d'un labo de langues, et c'est une chose très facile et
très rapide ; soit ce n'est pas le cas et, là, il faut faire enregistrer les lectures
sur une cassette personnelle. L'objection : transporter chez soi, puis
écouter et noter 35 cassettes peut sembler épuisant. La solution : un paquet de
copies en moins. Au lieu d'un devoir écrit, on fait un devoir oral. Le temps par cassette
est inférieur au temps par copie- une ou deux minutes d'enregistrement au lieu des dix /
quinze minutes par copie).
III Passons a la mise en pratique
Travail en groupe, pendant une heure. Utilisation de cinq supports très différents
comme base de travail sur la prononciation. (BD, texte écrit, texte enregistré, pub
RENFE vidéo, romance, dessin humoristique.) Préparation des cours correspondants dans la
perspective de faire travailler la prononciation aux élèves. Mise en commun. (commentaire : finalement, quelque soit le support,
l'enseignant n'a en fait que peu de choses à faire pour faire travailler la prononciation
à ses élèves. Le choix des expressions données pendant le cours, la liste de
vocabulaire, etc... tout est facilement orientable pour que les élèves alternent des R,
des Jota, des esdrújulos, des enclises, etc... EXEMPLE : liste de
vocabulaire donnée aux élèves pour décrire une -vielle- pub de la RENFE : ).
Vocabulario del documento Para hablar del documento : |
IV Répercutions en cours
a/ Notion de continuité, de cohérence.
c/ Comment exploiter la présence d'un lecteur espagnol dans l'établissement, la visite
d'un hispanohablante, etc ... (et en fait tout document authentique) du point de vue de la
prononciation ? (écoute enregistrements Espagne 1998). (commentaire : à chacune de nos visites sur le sol
espagnol, se munir d'un petit magnétophone-radio et enregistrer des extrait de
programmes, faire parler des espagnols devant le micro -ils adorent ça, etc... puis s'en
servir en cours, ne serait-ce que pour faire "entendre" l'Espagne).
d/ poésie et lecture en cours (voir doc.12 et 13) ( commentaire :quoi de plus formateur que l'étude de la
poésie ? quoi de plus musical et rythmé qu'un poème. L'exercice suivant permet aux
élèves de découvrir le romance, puis d'en créer un, puis de le lire en respectant la
versification.).