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www.ebj-prof.com  > enseñar > Formar >Formar "Agrégation Interne d'espagnol"

Le 30 novembre 2002,  M. Lucien Ghariani (maître de conférence à Paris IV, membre du jury à l’Agrégation Interne jusqu’à la session de 2002) a rencontré les candidats rennais à l'Agrégation interne. (Le compte rendu suivant lui a été soumis et a été approuvé.)

Présentation des différentes épreuves

A. - Épreuves écrites d'admissibilité

1. Intitulé officiel : " Composition en langue étrangère (espagnol) portant sur le programme de civilisation ou de littérature du concours " (durée : sept heures ; coefficient 1)

En fait pour ce qui est de l’espagnol, pas de civilisation mais uniquement " littérature ". Le terme " composition " doit bien être entendu comme " dissertation ". L’épreuve est centrée sur une œuvre et comporte également une grande part de culture générale qui n’est pas exclusivement hispaniste. Ce concours interne est réservé aux enseignants chevronnés, les exigences sont celles de l’Agrégation avec un critère supplémentaire : la " maturité " du candidat.

" L’épreuve est centrée sur une œuvre " è ne pas diluer son devoir dans une grande étude littéraire portant sur la totalité des œuvres de l’auteur, son courant littéraire, etc. ..

Le sujet est fondé généralement sur une citation, qu’il faut analyser pour en dégager une problématique. (recommandation : consulter l’ouvrage sur la dissertation de Claude Le Bigot, professeur à Rennes II). Le devoir devra s’efforcer de montrer que l’épreuve est intelligente : ne pas critiquer stérilement le sujet, l’auteur ou même le concours. La problématisation du sujet donne un plan qu’il faut suivre ensuite dans son devoir. Les devoirs qui séparent fond et forme sont à éviter. Enfin, autre conseil : la conclusion ne doit pas reprendre l’introduction. Une bonne conclusion répond aux questions et problèmes soulevés dans l’introduction.

Critères d’évaluation :

  • problématisation pertinente du sujet ;
  • " discuta / comenta " sont synonymes, pas de véritable différence. Il s’agit dans les deux cas d’une réflexion portant sur les informations, le contenu de la citation ;
  • Organisation et argumentation du discours ;
  • Connaissance de l’œuvre (lire plus l’œuvre que les ouvrages critiques ou les traités de spécialistes) remarque : le jury n’a pas le temps de lire beaucoup autours des œuvres au programme. Les membres du jury, s’ils les connaissent très bien, ne sont pas (pour la plupart) des spécialistes de tel ou tel auteur au programme.
  • Langue : qualité, précision et élégance de la langue espagnole employée.

2. Intitulé officiel : " Traduction : thème et version assortis de l'explication en français de choix de traduction portant sur des segments préalablement identifiés par le jury dans l'un ou l'autre des textes ou dans les deux textes " (durée : cinq heures ; coefficient 1)

Cette épreuve est qualifiée par l’intervenant comme " l’innovation majeure de l’Agrégation Interne ", car elle comporte un volet de traductologie. Il est recommandé de " guetter " le rapport de jury 2002 qui sans doute intégrera de nombreux conseils sur cette épreuve. Pour ce qui est de cette partie de l’épreuve (" l'explication en français de choix de traduction portant sur des segments préalablement identifiés par le jury dans l'un ou l'autre des textes ou dans les deux textes "), il est conseillé d’y consacrer un cinquième du temps, c’est à dire une heure. Le " segment " est un extrait du texte qui est encadré : le sujet comporte deux segments, l’un pour le thème, l’autre pour la version, 3 à 4 lignes à chaque fois. Si le segment est large, c’est à dire si l’extrait encadré est long, le candidat est attendu sur sa capacité de discernement de l’essentiel et ne s’attacher qu’aux points sensibles – ceux qui justifient un commentaire. Que le segment soit plus ou moins ciblé, le candidat devra toujours problématiser en profondeur, en ne restant jamais au niveau des évidences

Il ne s’agit pas d’une épreuve de faits de langues, mais d’une étude contrastive des deux langues, là et seulement là où se posent des problèmes de traduction. Par exemple " cuando se ponga " traduit par " quand il se mettra " ne mérite pas un commentaire, pas plus que " sigue trabajando " traduit par " il continue à travailler ". Dans ces deux exemples, la grammaire indique clairement comme rendre une langue dans une autre (cuando + subj. = cuando + futur, seguir + gérondif = continuer à + infinitif). En un mot, le candidat doit pouvoir justifier ses choix, pourquoi il a choisi telle ou telle traduction plutôt qu’une autre.

Pour ce qui est de la personne grammaticale à employer, il est conseillé d’employer le JE lorsqu’il s’agit d’assumer des choix de traduction, et le ON lorsque l’on évoque des certitudes, des éléments de grammaire ou de lexique qui ne sont pas subjectifs.

Exemples de problèmes qui peuvent apparaître dans les segments proposés :

Morpho-syntaxiques :

  • la traduction du verbe être, de SER / ESTAR
  • Les démonstratifs este, ese, aquel
  • Etc.

Lexicaux :

  • Polysémies et jeux de mots (" une valse viennoiserie " : viennoiserie = sirupeuse, guimauve. Comment rendre l’idée en espagnol ? (" un vals dulce vienés " ?)
  • " guilleret " : jocoso / alegre / etc... (montrer que l’on connaît beaucoup de mots, qu’il y avait plusieurs possibilités de traduction, et que le choix repose sur une réflexion).

Les idiomatismes :

" les comptes d’apothicaire " = " las cuentas del gran Capitán ". Bien dire qu’il s’agit d‘un idiomatisme qui n’existe pas directement dans l’autre langue.

Stylistiques : les niveaux de langue

  • conneries ¹ tonterías, par exemple. Plus proche de gilipollez, en fonction du (con)texte.
  • figures de style à respecter : les allitérations, etc... S’il n’était pas possible de respecter telle ou telle figure, expliquer pourquoi il n’a pas été possible ou souhaitable de le faire.
  • Voix passive, voix active d’une langue à l’autre.
  • L’inversion sujet / verbe d’une langue à l’autre.

Culturels : choix entre orthonymie, étrangeté, calque et emprunt :

(ce sont des concepts de traduction)

  • Las Cortes = les Cortés (étrangeté) – l’Assemblée Nationale (orthonymie)
  • Hacienda = une hacienda (étrangeté) – une grande propriété agricole (orthonymie)
  • Week end = fin de semana (emprunt à l’anglais rendu par une expression espagnole)
  • Footbal = el fútbol (calque, hispanisation d’une expression anglaise, cf. Hamburgesa, autre exemple)
  • le Poulidor de la politique : Quelle figure sportive espagnole est restée comme l’éternel numéro 2 ?
  • Comunidad Autónoma ¹ Région, à rendre plutôt par Communauté Autonome

Didactiques : derniers problèmes pour le candidat, celui de la clarté de l’explication de ses choix. Bien poser le problème, bien argumenter et expliquer le choix, même si ce choix s’avère erroné.

Pour conclure, cette épreuve n’est pas seulement grammaticale : elle est aussi une source de réflexion personnelle qui implique beaucoup de réflexes, de connaissances... et un peu d’astuce !

B. Épreuves orales d'admission

1. Explication en langue étrangère d'un texte extrait du programme, assorti d'un court thème oral improvisé et pouvant comporter l'explication de faits de langue. L'explication est suivie d'un entretien en langue étrangère avec le jury (durée de la préparation : trois heures ; durée de l'épreuve : une heure maximum ; exposé : trente minutes maximum ; entretien : trente minutes maximum ; coefficient 2)

Le candidat dispose de trois heures pour préparer son explication de texte, puis présente son exposé pendant trente minutes maximum. A l’issue de son explication, le jury lui remet un texte inconnu qu’il doit découvrir pendant trois à quatre minutes. Il dispose ensuite de cinq minutes pour livrer sa traduction spontanée. A l’issue de cette traduction, le jury revient sur son explication de texte pendant une quinzaine de minutes. L’ENTRETIEN AVEC LE JURY NE PORTE QUE SUR L’EXPLICATION DE TEXTE, AUCUNE QUESTION NE PORTERA SUR LE THEME ORAL.

Il est très important de ne pas lire ses notes (ce qui n’exclue pas de les consulter !) et de bien regarder le jury. Il est inutile de commencer par une lecture d’un extrait du texte.

Jugé sur sa connaissance de l’œuvre, le candidat doit être capable de situer l’extrait dans le livre étudié, de façon pertinente. Inutile de résumer toute l’histoire d’un roman, de présenter tous les personnages, etc... Ne " raconter l’histoire " que si cela est pertinent pour le passage étudié. Il faut voir, selon la formule consacrée, les " tenants et les aboutissants ". Les références intra textuelles sont à bien éclaircir (allusions, renvois, annonces, etc...). Il est possible de " circuler " dans l’œuvre en cas d’anticipation, par exemple. En résumé, il ne faut rien dire qui soit inutile pour le texte étudié.

Le commentaire doit servir le texte. Les compétences et les connaissances du candidat sur l’auteur et son œuvre ne sont pertinentes que si elles sont en rapport direct avec le passage étudié. Il faut donc éviter de " caser " à tout prix des connaissances.

Il faut fixer un ou plusieurs axes de lecture dès l’introduction. Encore une fois, le candidat doit se montrer " enthousiaste " et respecter les règles du jeu qui sont les mêmes pour tous. En particulier, M.Ghariani, se basant sur son expérience de membre de jury, insiste sur le fait qu’il ne faut pas vouloir démontrer que l’exercice est artificiel. Le candidat devra accueillir et affronter la page et partir sur le principe de " sympathie pour le texte ".

L’explication devra être de préférence linéaire. La qualité de la langue compte pour au moins un quart de la note, plus si le niveau est vraiment désastreux.

2. Exposé de la préparation d'un cours suivi d'un entretien (durée de la préparation : trois heures ; durée de l'épreuve : une heure maximum ; exposé : quarante minutes maximum ; entretien : vingt minutes maximum ; coefficient 2) L'épreuve prend appui sur un dossier composé d'un ou de plusieurs documents en langue étrangère (tels que textes, documents audiovisuels, iconographiques ou sonores) fourni au candidat.

Depuis la session de 2002, l’épreuve professionnelle écrite a été supprimée, car elle faisait double emploi avec l’épreuve orale.

Il faut insister sur le fait qu’il faut absolument se préparer longtemps avant les épreuves ECRITES, car il y a tellement peu de temps entre l’admissibilité et les épreuves orales qu’il est impossible de s’y préparer efficacement. De plus, la note de cette épreuve représente un tiers du total. D’un autre côté, les dossiers travaillés dans la perspective de cette épreuve peuvent donner lieu à une exploitation en classe avec des élèves pour les collègues exerçant en lycée. Pour finir, cette préparation à l’épreuve orale professionnelle est utile pour toutes les autres épreuves : elle permet de rencontrer des auteurs, des faits de langues, des notions de civilisation, etc. ... qui pourront être utiles en traduction ou dans une dissertation, par exemple.

En ce qui concerne l’intitulé officiel, il n’existe pas de documents sonores ni audiovisuels pour cette épreuve de l’Agrégation Interne d’espagnol. Quelques documents de type iconographique viennent s’ajouter aux textes, qui restent majoritaires.

L’exposé se fait en français, sauf pour les sujets de devoirs et les exercices proposés aux élèves, qui seront formulés en espagnol.

Le découpage du temps est le suivant : trois heures de préparation, (le candidat dispose du dictionnaire unilingue CASARES), 40 minutes maximum d’exposé, 20 minutes d’entretien avec le jury. Ces conditions sont qualifiées de " stressantes " par l’intervenant, car le candidat se voit imposer un dossier hors programme qu’il doit travailler en un temps fort court. (d’où l’indispensable préparation en amont.). C’est une épreuve à juste titre " redoutée et redoutable ".

La tendance a été d’augmenter les moyennes, comme l’indique le rapport 2001 rédigé par M.Moner, alors président du jury, pour ne pas donner l’impression que des enseignants chevronnés ont été recalés avec des notes parfois très faibles.

Les mauvais résultats à cette épreuve s’expliquent par une préparation inexistante ou trop tardive ; une mauvaise lecture des documents du dossier ; une mauvaise gestion du temps. Les critères d’évaluation sont la qualité de l’étude du dossier, l’approche pédagogique, la qualité de la prestation.

  1. la qualité de l’étude du dossier,
  2. Le préalable universitaire est indispensable, incontournable. En règle générale, un dossier se présente sous la forme d’une série de textes (souvent trois) représentant tous les genres de l’écrit ( presse, théâtre, poésie, roman, essai, etc.) et d’un ou plusieurs documents iconographiques (BD, photos, tableaux, gravures, dessins, etc. ). Il arrive qu’un dossier ne comporte qu’un seul document, en général très important par son volume et/ou sa qualité.

    Le terme " dossier " désigne la construction par un concepteur d’un ensemble de documents qui à l’origine n’étaient pas conçus pour être associés. De ce fait, chaque pièce est autonome, son inscription dans un ensemble lui confère un surplus de sens., un éclairage différent. Cela rappelle un peu le " groupement de textes " de nos collègues de Lettres Modernes.

    Ceci implique une compréhension littérale et approfondie de chaque document, d’en dégager le sens, de repérer les moyens mis en œuvre par l’auteur. Certains documents sont plus riches que d’autres.

    Cette étude " individuelle " conduit à la définition de plusieurs axes fédérateurs, qui peuvent être thématiques (La guerra civil, la Police, le terrorisme, etc.) ou formels (que des poèmes, que des portraits, que des pamphlets, que des pastiches, etc. ...)

    Une fois définis ces axes, il faut définir les rapports entre les documents : redondance – complémentarité – opposition.

    Cette épreuve n’est pas une série d’explication de textes : il faut laisser l’accessoire de côté, ne pas se livrer à un examen pointilleux MAIS ne pas non plus effectuer un survol superficiel des documents. Il faut faire une lecture intelligente du dossier (inter – leger : capacité à lier). Il s’agit donc bien du " LEGO " des enfants : lier, c’est l’apprentissage de la lecture.

    La première réaction du candidat qui découvre son dossier en salle de préparation peut être de sympathie ou d’antipathie, mais le plus souvent d’impuissance (" je n’ai rien à dire. ") En fait, toute interrogation sur la qualité ou sur la faisabilité du dossier devant des élèves est à laisser de côté. Ces réflexes de rejet doivent laisser la place à un esprit d’ouverture. Le candidat doit accueilli le dossier avec sympathie, avec un préjugé favorable.

    L’attention des candidats est attirée sur le fait suivant : un texte étudié en classe avec ses élèves n’est plus tout à fait le même à l’intérieur d’un dossier. Les documents étant tous hors programme, l’équilibre est subtil entre ce qui est impardonnable de ne pas savoir et ce que l’on ne pouvait pas savoir sans être un spécialiste de telle question ou tel auteur. Normalement, il n’y a aucun pré-requis qui empêche d’avoir la moyenne sur cette épreuve, par exemple si tel fait historique (non " basique ") n’est pas connu.

  3. l’approche pédagogique.
  4. IL faut insister beaucoup sur l’importance des consignes données avec le sujet : il ne faut surtout pas les survoler !.

    En ce qui concerne les termes de " pédagogie " et de " didactique ", il est très important de ne pas les confondre : est " didactique " l’ensemble des objectifs d’une série de cours et la réflexion sur leur mise en œuvre, est " pédagogique " la mise en œuvre à proprement parler, c’est à dire la technique de déroulement des cours.

    Il est important de savoir que la classe destinataire est toujours mentionnée. Il faut clarifier les objectifs prioritaires, ne pas les multiplier, surtout si on ne peut pas les atteindre. Il faut qu’ils ne soient ni trop modestes, ni trop ambitieux. Il s’agit bien des objectifs prioritaires que l’on veut (que l’on va) atteindre. Il faut bien peser la mesure de l’aide que l’on va apporter aux élèves.

    Il est nécessaire de justifier la classe, le niveau voire la série indiquée par les consignes qui accompagnent le dossier.

    L’ordre des documents est au choix des candidats, sauf indication contraire sur le sujet. C’est à dire que le candidat détermine (et devra justifier) l’ordre dans lequel il conçoit l’étude de ces documents avec la classe indiquée.

    Il conviendra de déterminer quels pré-requis sont nécessaires pour les élèves (lexicaux, conceptuels, culturels). Il est inutile de multiplier devant le jury les " notes " destinées aux élèves : il suffit d’en choisir quelques-unes particulièrement pertinentes pour montrer que l’on y a réfléchi.

    Dans le même ordre d’idée, il est important de montrer quelle approche le candidat compte privilégier avec ses élèves que ce soit en classe ou en travail à la maison. Un document peut parfaitement faire l’objet d’une préparation à réaliser hors du cours, voire en cours par le biais d’activités préparatoires (visionnage de vidéos, consultation de site Internet en salle multimédia, etc...)

    Il est essentiel de montrer quelles sont les questions à poser pour faciliter la compréhension du sens des documents. Les " 5 W " (Why, Where, Who, When, What) ne sont pas suffisants : il s’agit bien des trois ou quatre questions qui permettent d’éclaircir le sens.

    Les priorités linguistiques sont à dégager et à faire mobiliser par les élèves.

    Enfin, l’évaluation pendant et à la fin de la séquence devra bien porter sur les activités et les apports du cours, être en rapport avec le sens des supports et le travail en classe. Il s’agit bien de ce que l ‘enseignant veut évaluer chez ses élèves.

    En ce qui concerne la durée de la séquence de cours, il conviendra de préciser une chronologie et un calendrier-programme (tel document étudié sur tant d’heures de cours, ensemble de la séquence sur tant d’heures, évaluation finale à tel moment, etc. ), mais en aucun cas il ne s’agira de simuler un cours devant le jury, ni même de simuler une préparation de cours. Le maître mot reste la réflexion sur la mise en œuvre didactique de documents face à des élèves : rien de plus, ni rien de moins.

  5. la qualité de la prestation

Le terme de " communication " désigne le bon comportement du candidat face au jury : il ne se tiendra pas debout, il n’écrira pas au tableau, il ne sera pas timide, ni craintif, ni " infantilisé " par la situation certes peu agréable. Il sera courtois et naturel, il n’essaiera pas d’établir une relation de complicité avec le jury, il ne racontera pas sa vie.

La qualité de son expression française est importante, ainsi que l’organisation rigoureuse de son exposé. Il faut absolument éviter de lire et préférer un débit plus naturel et spontané. Pour cela, le candidat ne rédigera au brouillon que son introduction et sa conclusion, ainsi que les consignes de travail et les exercices en espagnol, à destination des élèves. Néanmoins il conviendra de ne pas tomber dans l’excès d’un débit trop rapide et d’une diction confuse.

Il convient de ne pas oublier que le jury a (aussi) passé les concours de recrutement un jour, et qu’il est conscient de l’extrême difficulté de ces épreuves orales. Même si cela est difficile, le visage relativement détendu –voire le sourire- et les qualités d’écoute sont indispensables pour que le courant passe entre le candidat et les membres du jury. Bien se garder de l’attitude défensive (" je n’ai pas dit ça ") : il faut accueillir la parole critique de la seule façon qui soit, c’est à dire comme quelque chose de naturel et d’utile pour soi lorsque l’on est candidat. L’émotion et le stress peuvent embrouiller la perception d’un candidat : il est parfaitement normal de demander (sans agressivité) que le jury répète sa question.

Pour finir sur cette épreuve professionnelle, voici un plan qu’il faut bien se garder de présenter comme " modèle " ou comme " plan –type " :

L’introduction devra comporter une description sommaire du dossier et des supports qui le composent, ainsi qu’une datation des différents documents. Ensuite il faudra indiquer les axes fédérateurs, sans entrer dans les détails, puis dégager l’essentiel des consignes qui accompagnent le dossier. Le candidat terminera par l’annonce de son plan qui permettra de faire étudier le dossier à des élèves tout en répondant aux consignes.

Le développement étudiera les différentes pièces du dossier, séparément puis conjointement. M. Ghariani penche pour la solution qui consiste à aborder l’approche pédagogique à l’issue de l’examen de chaque pièce, ce qui implique le repérage lexical, le travail à la maison, etc. ... Il faudra justifier honnêtement les choix pédagogiques et se méfier du jargon mal utilisé ou mal dominé (rhétorique, poétique, etc. ...) : en fait certains termes sont à utiliser si on les maîtrise bien.

La conclusion doit " exister ", même si les consignes ne le précisent pas. Elle doit résumer les points forts du projet, apprécier la faisabilité et la qualité du dossier, et envisager de possibles prolongements, interdisciplinaires ou pas, mais qui ne seront pas vagues. Dire que l’on enverra ses élèves " sur Internet " ou que l’on travaillera en collaboration avec le collègue d’histoire ne veut rien dire. Quitte à envisager ce type d’activités, le candidat expliquera clairement et précisément sa pensée, en indiquant –par exemple- des sites Internet qu’il connaît parfaitement et le type d’activités ou de recherches qu’il est possible de faire faire à des élèves du niveau indiqué par le dossier.

Une préparation sérieuse et complète (ne pas commencer à préparer l’oral le jour des résultats de l’admissibilité, par exemple) permet d’avoir toutes ses chances à ce concours certes difficile mais accessible.

En ce qui concerne les cours du CNED, M.Ghariani dit que l’on y trouve d’excellentes choses, mais que les candidats devraient se garder de " ressortir " textuellement des paragraphes entiers des cours par correspondance, car certains membres du jury sont réservés quant au contenu de certains. Il ne faut donc pas " cloner " le CNED, mais s’inspirer de ses contenus, les adapter voire les modifier.

Un dernier conseil: les candidats gagneront beaucoup à être conciliants. Comme tous les jurys de concours, celui de l’Agrégation Interne d’espagnol est composé des tenants de l’enseignement " traditionnel " et de l’enseignement " moderne ". Comme toujours, les arguments des deux opinions se complètent plus qu’ils ne s’opposent ; c’est pourquoi il ne faudra jamais caricaturer quelque doctrine pédagogique que ce soit, le jour du concours comme le reste du temps.

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